Un chemin...
Un chemin bordé d'arbres, de châtaignier touffus et richement garnis...
Un simple chemin de terre, mêlée à quelques grains de sables et quelques graviers qui le rendent étincelant quand le soleil le caresse au printemps.
Un court petit chemin qui ne mène nul part, seulement dans les rêves.
Il nous guide doucement, faisant marcher nos pieds, il nous guide là où ne pensait pas vouloir aller.
Et pourtant, on y va, il l'a décidé.
On écoute nos pieds, on se laisse pousser et on y pense plus. Nos pensées s'envolent, libérées, et le chemin sourit parce que c'est là qu'il voulait nous mener. Là où plus rien n'existe si ce n'est ces pensées, qu'elles soient sombre fureur ou bien amour profond, il les regarde, les écoute, les trie. Il les fait s'écouler en une douce bise sur les herbes hautes, il les recueille, les garde en son sein.
Par sa simple façon d'être là sans un bruit, sans un souffle, sans être là vraiment, il apaise, il repose.
Et lorsqu'il le juge bon, il ramène nos pas tout en bas du chemin, là où on redescend, là on réintègre notre corps vraiment jusqu'à la prochaine fois...
Je pourrais le suivre jusqu'à Rome, où ailleurs...
Des courses folles en pleine nuit, à demi nue, pour ressentir cet apaisement, cette sérénité qui revient.
De longs dialogues avec les arbres, les fleurs, les flaques d'eau où mes larmes se coulent.
Des milliers de cigarettes consumées
Des nuages de flous devant mes yeux sans vie
Des milliards de fourmis dans mes jambes endolories
Des tonnes de murmures pour lui dire que je l'aime
et des kilos de joies et des kilos de peines
qu'a recueillit tranquillement ce petit bout de terre...
me remettant vivante tout en bas du chemin pour reprendre à nouveau un bien joli costume
...en attendant la prochaine fois...